Prématurité #6 – La néonat – Après la réa, les soins intensifs

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Après quelques jours en réanimation néonatale, les Minis ont été transférés dans le service des soins intensifs. Et la deuxième bonne nouvelle, c’est qu’ils partagent désormais la même chambre. 29 A et 29 B. Elle est beaucoup plus lumineuse, alors il faut couvrir les incubateurs pour tamiser la lumière, mais c’est plus agréable. Et je peux installer le fauteuil entre les deux couveuses. C’est aussi beaucoup plus calme, car c’est la dernière chambre, tout au bout du couloir. Nous allons y rester plusieurs semaines, qui seront ponctuées de nombreux petits progrès.

Au fils des jours, les Minis, Le Papa et moi même gagnons en autonomie. Même si nos visites sont moins fréquentes depuis que je suis rentrée à la maison, nous nous occupons de plus en plus de nos bébés. Nous pouvons désormais faire tous les petits soins sans aide. C’est également pendant cette période que nous pourrons donner les premiers bains. Remplir la petite baignoire avec de l’eau à bonne température, et l’installer sur un chariot que l’on approche au plus près de l’incubateur. Débrancher tous les capteurs. Savonner délicatement le bébé. Le sortir pour le rincer délicatement mais rapidement. Le sécher rapidement et remettre la couche vite vite vite ! Eh oui, la prématurité n’empêche en rien d’arroser Papa et maman à ce moment là !!! Enfiler le premier body. Il est trop grand, trop large. Il faut laisser le bras perfusé dehors. Mais quel plaisir de voir son bébé habillé pour la première fois ! Coller de nouvelles électrodes, fermer les boutons-pression du body, changer le capteur de saturation, et tout rebrancher une fois de retour au chaud. Parents et bébés sont épuisés.

Pas à pas, le sevrage en oxygène se met en place lui aussi. Dans un premier temps, on met des lunettes un tour sur trois. On enlève le bonnet qui tient la CPAP et on découvre le visage du bébé qui n’est plus dissimulé derrière ce grand masque. Les lunettes, c’est ce tuyau tout fin  qui est fixé juste en dessous du nez. C’est d’autant plus  agréable pendant les séances de peau à peau. Et petit à petit, on se contente des lunettes. Un petit pas après l’autre… Les Minis font bien encore quelques « bêtises » de temps à autre. En néonat, faire une bêtise, ça veut dire mettre le scope en colère. Il est capable de se fâcher tout rouge et de crier très fort. Il leur arrive, entre autres, de faire des apnées. Il suffit de les stimuler pour que tout rentre dans l’ordre mais c’est impressionnant, même si c’est habituel chez les bébés nés trop tôt. C’est pour cela qu’on leur donne de la caféine.

Pas à pas, l’estomac apprend lui aussi à faire son travail. Après chaque « repas » (dans le jargon médical, on parle de « gavage »… Ils ont séché l’option poésie pendant leurs études de médecine !), l’infirmière vérifie si tout est digéré. La première dose, 3ml de lait dans la sonde gastrique. 8 repas par jour. Si la journée se passe bien, on augmente de 2 ml le lendemain. Il faut parfois passer deux jours sans augmenter la dose, mais globalement, ça évolue bien. Le principal problème, c’est quand même cette fichue sonde. Ce petit tuyau qui rentre par la bouche pour rejoindre l’estomac. Il n’est pas agréable du tout ce tuyau. Les Minis ont beau être tout petits et tout fragiles, ils n’en sont pas moins des enfants qui commencent à affirmer leurs émotions et leur caractère. Alors le sport quotidien dans la chambre 29, c’est l’arrachage de la sonde. Les infirmières ont beau la fixer du mieux qu’elles peuvent, les Minis monstres parviennent régulièrement à glisser l’un de leurs petits doigts tout fins dans un minuscule creux stratégique, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la sonde est sortie. On est fier de nos petits débrouillards, mais au moment de mettre une nouvelle sonde, on arrête de rire ! Il faudra apprendre à téter avant de pouvoir s’en passer !

Capture d’écran 2016-03-15 à 10.10.13Parfois aussi, il suffit d’une petite remontée gastrique pour qu’un des bébés fasse un petit malaise. Une bradycardie. Encore une « petite bêtise » qui met le scope en colère. Il faudra épaissir un peu le lait… qui passera moins bien dans la sonde ! À chaque problème… une solution, qui parfois entraîne… un nouveau problème ! Vivement qu’ils aillent manger des frites à la cantine !

En soins intensifs, il y a aussi tout un tas d’examens inquiétants. Il y a les prises de sang répétées. Des personnes que l’on ne connaît pas viennent dans le service, faire des échographies transfontanellaires. D’autres viennent faire des EEG (électroencéphalogrammes). Les Minis se retrouvent avec tout un tas de capteurs fixés avec de la colle sur leurs crânes. Il y a même eu une fois une espèce de casque à pointes avec tout un tas d’élastiques. Ils sont surveillés par une caméra pendant l’examen et doivent être calmes. Ça dure longtemps, très longtemps. Des courbes très bizarres et incompréhensibles s’affichent sur l’écran de surveillance. Lorsque c’est terminé, tout le matériel est retiré mais on ne sait rien. Il faut encore attendre. On se retrouve seul avec des bébés à la chevelure parsemée de petits paquets de colle. Le médecin nous fera part des résultats. Quand ils lui parviendront. Bien sûr, les résultats mettent loooongtemps à arriver. Et comme on ne sait ni ce qui est recherché exactement, ni quels sont les risques, ça laisse un bon moment aux parents pour imaginer le pire. Et en terme d’angoisse, dans cette période là, j’ai battu des records. Heureusement que Chloé était là.

Il y a une autre grande étape : la sortie de l’incubateur. Les Minis évoluent à peu de choses près au même rythme. Alors un matin, à mon arrivée, je les trouve installés dans des berceaux chauffants. Ce ne sont pas encore de vrais lits de bébés, mais c’est déjà beaucoup plus pratique. Plus besoin d’ouvrir une petite fenêtre pour glisser la main. Les Minis sont en libre accès. C’est la fête !

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Et un beau jour, c’est un nouveau déménagement qui se prépare. Les Minis vont quitter les soins intensifs. Direction l’autre bout du couloir…

Auteur : despatesauchocolat

Maman de 5 monstres. Le Grand a pointé son nez au printemps 2010. Le Petit nous a rejoints au tout début de l'année 1012. Les Minis ont agrandi la famille à la fin de l'hiver 2013. Le Petit Dernier est arrivé au printemps 2017.

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